Lorsqu’il y a quelques mois je l’ai entendu pleurer au téléphone, il était démoli… Lui si sportif, si sain, se considérait déjà comme perdu…
J’ai vécu avec lui chaque étape.. l’annonce d’une tumeur énorme…
Son défaitisme morbide…
L’attente jusqu’au rendez vous avec le chirurgien…
Son anxiété paroxystique
L e diagnostic et l’intervention programmée….
Son état dépressif…
J’ai été « son réflexe ».. la seule à qui il ait téléphoné… la première à être au courant en dehors de sa compagne…celle peut être avec laquelle il se sentait en « droit » de pleurer…celle qui parvenait à l’apaiser un peu et l’aidait de son mieux à mettre un frein aux scénarios catastrophes…
Des quatre, il est vrai que nous deux avons toujours été très liés… ce grand frère de six ans mon aîné m’en a fait baver petite…les pires conneries dans lesquelles il m’entraînait, les pires frayeurs qu’il s’amusait à me faire subir, sont autant de doux et tendres souvenirs qu’il me reste….
Des quatre, nous sommes les deux qui nous ressemblons peut être le plus…
A l’annonce de ces faits, j’avais appelé ma grande sœur. Un accord tacite nous lie elle et moi depuis de très nombreuses années : lorsqu’une est au courant d’un problème de santé grave touchant un des nôtres, elle en informe l’autre. Nos parents à force de vouloir nous protéger en taisant leurs problèmes, nous ont finalement fait vivre des décennies d’angoisse… Et un jour, nous avons décidé que ce n’était plus possible….
En l’occurrence, cela a permis à mon frère d’avoir aussi plusieurs écoutes différentes à sa souffrance.. sans oublier mon autre grand frère, très présent aussi…
Il a donc subi une ablation totale de son rein, dans sa chance aucune métastase n’avait été localisée ailleurs…. La vie a repris… jusqu’à hier soir….
Hier soir il me téléphone pour me donner le résultat de son IRM de contrôle.. : un anévrisme a été détecté sur le tronc cœliaque. Je le sens à nouveau fragile et terrorisé…Je pose les bonnes questions et essaye de relativiser…
« Si le radiologue avait émis un caractère d’urgence il t’aurait vu en entretien individuel, et t’aurait demandé de prendre un RV rapide avec ton chirurgien… »
Qu’il est difficile de rassurer quelqu’un en prenant bien garde à ne pas tenir un discours dégoulinant d’un optimisme que je considère comme criminel.
Je suis allée surfer sur la toile… capter quelques bribes…
« rupture d’anévrisme fatal à 80% »… « paroi fine pouvant céder.. »… puis j’ai tout éteint..
Moi aussi maintenant je vais être dans l’attente.. 18 Janvier après son rendez vous, il me rappellera… à moins qu’il n’en ait pas le courage… et attende que je le fasse…
Je vais également relativiser, me convaincre qu’aucun des films que je pourrais me faire ne correspondra de toute façon pas à la réalité….
…passer un coup de fil à ma frangine et … wait and see… !
8 commentaires:
c'est la bonne démarche, puisque de toute façon toute l'inquiétude du monde ne changera rien.. sois là pour lui, c'est tout...bises
je suis comme nea, je n'ai pas envie de dégouliner !
rapproche toi de lui ... et soulage tes craintes avec nous !
bon courage.
Tant qu'on ne sait pas, en effet, inutile de présager le pire et pourtant, on ne peut s'en empêcher...s'il y avait eu une urgence on ne l'aurait pas fait attendre jusqu'au 18 janvier. C'est le point positif auquel il faut s'accrocher.Pour le reste, bon courage, sincèrement.
Oh ma belle, combien de fois je me suis renseigné sur internet comme pour me rassurer et j'en suis sortie plus angoissée encore.. je comprend ta crainte mais attend le 18, les médecins n'auraient pas laissé un rendez vous si éloigné s'il y avait urgence... Mon spécialiste m'a toujours dit que plutôt que de lire certaines choses sur le net, je devais lui paser un coup de fil qui sera plus illustrant que ce qu'n petu lire et souvent interpréter à notre manière..
Bon courage ma belle
Une nouvelle visite sur mon blog, je clique sur le lien et je lis ceci. Résonnance de mon billet et je m'imagine à ta place, si mon petit frère était menacé. Je ressens ton angoisse de soeur.
La pharase qui me marque le plus, dans ce billet, c'est "otpimisme criminel". Je n'ai pas oublié, il y a 10 as, la colère de ma mère qui m'apprenait que son père avait une tumeur au cerveau. J'avais répondu "ca va aller", aveuglée par mon optimisme forcéne. Et elle avait crié "mais tu ne comprends pas, il va mourir!"
Il est mort 3 mois après. Vivant à l'étranger, amoureuse à l'époque, je ne l'avais gratifié que d'une visite express de 2 jours, égoiste, inconsciente que je ne le verrais plus jamais.
Deuis ce jour, j'ai pris conscience de ce que peut avoir d'insultant et de criminel mon optimisme.
Pour cette nouvelle année, je souhaite que ton frère aille bien, définitivement.
à nea, pythie, réa, Béa, étoile
merci à chacune de votre fidèle soutien...
à Fiso : je me doute de ce que peuvent être tes regrets...
continue à prendre soin de ton ptit frère..:d)
Prends bien soin de lui..Et ne regarde pas trop sur le net,c'est toujours alarmant...faîtes confiance aux bac+9..Ils sont souvent pénibles mais compétants...bisous Fred...
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